L’upcycling, c’est la pratique d’un artisanat d’art, dont la matière première n’est autre que nos déchets. Le plastique, le carton, les palettes de bois, les bouteilles en verre ou en métal, tout est source d’inspiration pour des plasticiens et designers des quatre coins du Monde.
Au-delà de leur art parfois insolite, pour ces artisans, l’upcycling est surtout un moyen de véhiculer une consommation plus responsable. D’ailleurs, leur engagement ne s’arrête souvent pas là et s’étend aussi à la responsabilité sociale. C’est ainsi que des structures associatives à travers le Monde construisent des projets d’insertion sociale en formant des jeunes sans qualification à l’artisanat et l’ypcycling : couture, tissage, ferronnerie etc…
En trois actes, nous avons choisi de mettre un coup de projecteur sur trois initiatives à travers le Monde qui se rejoignent, sans le savoir, par la pratique de l’upcycling et de l’insertion sociale.

  • le Centre Lukaré, à Ouagadougou (Burkina Faso), qui détourne le métal,
  • l’entreprise d’insertion Koun, à Casablanca (Maroc), qui recycle le plastique,
  • l’entreprise d’Insertion Rayon Vert, à Clamart (France), qui transforme la bâche publicitaire.

L ’histoire du Centre Lukaré à Ouagadougou (Burkina Faso)

Le Burkina Faso, littéralement « Pays des Hommes intègres », est un pays d’Afrique de l’Ouest qui compte près de 20 millions d’habitants. Avec son voisin le Benin, il fait partie des pays les moins avancés de la Planète. Tout comme les autres pays de la Région, il est entré dans une période sécuritaire difficile avec les attaques terroristes du Sahel.
Mais ce pays a pourtant des richesses qu’il tente de valoriser et d’exporter. Avant tout, l’agriculture occupe 80% de la population, grâce notamment à l’exploitation du coton. En ville, et en particulier à Ouagadougou, la capitale, c’est l’artisanat qui se développe et devient une source de créations d’emploi. L’artisanat d’art est particulièrement présent et il suffit de visiter les marchés artisanaux pour s’en rendre compte, avec l’exposition d’articles en bronze, en vannerie, en poterie, mais aussi les cuirs, les batiks…

Inoussa DAO, l’exemple pour les jeunes burkinabés

Parmi ces artisans d’art, on trouve Inoussa DAO. A 18 ans, il interrompt ses études secondaires et entre à la fondation Olorun de Ouagadougou où il apprend la technique de la soudure et la transformation des matériaux. Il commence à exposer ses œuvres et se fait repérer, au point d’obtenir une bourse d’étude à ENSCI (Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle) à Paris. Pendant 6 mois, il perfectionne son art. De retour au Burkina Faso, il a la volonté de partager et de transmettre son savoir. Son projet se concrétise avec la création du Centre Lukaré dont il est aujourd’hui le Directeur.

Le centre Lukaré, centre d’art contemporain et d’insertion sociale

Lukaré se traduit en français par grenier à céréales. Le Centre Lukaré, c’est une véritable caverne d’Ali Baba, un lieu de préservation, de protection et de valorisation de la création artistique contemporaine.
Aujourd’hui, le Centre regroupe des artisans d’art de différents corps de métier qui conçoivent, échangent et transmettent leurs compétences. Le mélange des matières est leur signature, mais la transmission du savoir et l’insertion des jeunes en situation difficile sont les préoccupations principales du Centre.

plateau rouge déco récup

Lukaré est donc aussi un lieu d’apprentissage des métiers de la peinture, de la sculpture, du tissage, de la soudure et bien entendu, du design. Le centre soutient également des formations à l’alphabétisation pour ses jeunes. Aujourd’hui, c’est près de 50 jeunes qui ont été formés au Centre, qui vivent de leur art et qui le transmettent à leur tour. Issouna DAO tient à rappeler que c’était son but.
La pérennité du Centre constitue un véritable challenge, d’autant plus que les artisans y pratiquent un art contemporain, insolite ou « décalé » pour certains. En effet, parmi leurs créations, on y trouve par exemple l’upcyling de bidons en tôle servant au transport des huiles ou des carburants. Martelés, soudés, ces métaux deviennent des articles de décoration ou des meubles au style « indus ».
Les créations sont principalement destinées aux marchés européens et américains, même si de plus en plus de burkinabés s’intéressent à ces œuvres et visitent la boutique d’exposition.

Une démarche de commerce équitable

Pour assurer la commercialisation de leurs créations, le Centre compte sur des partenaires, tel qu’Eliott, créateur de la société Moogoo en Allemagne. Elliot est passionné d’art contemporain et a séjourné au Burkina Faso. Il y a rencontré ces artistes et a décidé de promouvoir leurs créations en Europe. C’est par son intermédiaire que nous avons, nous aussi, découvert ces artistes burkinabés.
Dans la continuité de ses valeurs, le Centre s’est engagé avec ses partenaires occidentaux dans une démarche de commerce équitable. Lukaré est ainsi membre de la Plateforme Nationale du Commerce Equitable du Burkina Faso, chargée de promouvoir les entreprises locales dans le respect de ses principes. Il s’agit en particulier de respecter une juste rémunération des producteurs, ce qui permet aux artisans de vivre correctement et au Centre de développer son art et sa mission sociale.

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